
Coordination:
Martine Groult & Serge Trottein
Adresse
postale
: CNRS - UPR 76 - THETA - BP 8 - 94801 VILLEJUIF CEDEX
Tél : + 33 1 49
58 36 63 - Fax : + 33 1 49 58 36 64 - Mél : theta@vjf.cnrs.fr
14h
Introduction
14h 15
Brigitte VAN WYMEERSCH (Louvain)
La musique
comme outil de connaissance et de contemplation de
l’univers. La lecture du Timée par les théoriciens de
la musique aux XVe
et XVIe
siècles
15h 15
Colette DUFOSSÉ (Paris)
Le Timée et la réapparition de
l'optique en Occident : Bernard de Chartres,
Guillaume de Conches et Adélard de Bath
*
14h
Luc BRISSON (Paris)
Le réceptable du Timée comme matière chez
Ficin
15h
Jean-Michel COUNET (Louvain)
La réception du Timée chez Nicolas de Cues :
l’école de Chartres à la lumière de la docte
ignorance
*
14h
Claudio MORESCHINI (Pise)
La fonction du Timée dans l’accord entre
Platon et Aristote (Iacopo Mazzoni)
15h
Béatrice BAKHOUCHE (Montpellier)
Les gloses de
Pétrarque sur le Timée traduit par Calcidius
(BnF lat. 6280)
*
14h
Bruno PINCHARD (Lyon)
Le Timée et les traditions
antiques selon l’interprétation de Marsile Ficin
15h
Alexandre ETIENNE (Lausanne)
Marsile Ficin, une
lecture du Timée sous influence...
*
14h
Stephen GERSH (Notre Dame – USA)
Marsilio Ficino and
the Traditions of Timaeus’ Commentary / Marsile
Ficin et les traditions du commentaire au Timée
15h
Eudoxie DELLI (Athènes)
Le Timée chez Michel Psellos.
Pluralité d’approches, l’influence de Proclus et la
problématique de l’âme

&
Congrès international
À la
genèse
des rationalités
modernes
*
Minas Gerais (Brasil / Brésil)
4-5 & 5-6-7-8 de abril de / avril 2011
U.F.M.G. - Escola de Arquitetura:
Auditório / sala 200
Du Bos et les Réflexions
critiques

organisé par le groupe
THETA de l’UPR 76 du CNRS
avec la
participation du CHSPM (Centre d’Histoire des Systèmes
de la Pensée Moderne) de l’Université Paris I
Vendredi 11 juin 2010
Campus CNRS de Villejuif
7, rue
Guy-Môquet – 94800 Villejuif
&
Samedi 12 juin 2010
Centre Michelet – Paris VIe
3, rue Michelet –
75006 Paris
Comité
d’organisation
Daniel
Dauvois & Serge Trottein (THETA)
Vendredi
11 juin 2010
Campus CNRS de Villejuif
Salle de
conférences du bâtiment D
10h-12h30
Serge Trottein
CNRS - UPR 76 - THETA
L’esthétique paradoxale de Du Bos
Stéphanie Burette
Université Paris 3 - Sorbonne
Nouvelle
La vraisemblance en peinture dans les Réflexions de Du Bos
Gérard Bras
Lycée Albert-Schweitzer, Le Raincy,
Seine-Saint-Denis & CNRS - UMR 5037
Le pouvoir de la peinture : le plaisir
qu’elle suscite est-il esthétique ?
14h30-17h30
Jean-Baptiste Rivaud
Lycée Gabriel Guist'hau, Nantes
Une poétique du toucher
Denis Kambouchner
Université Paris I
Le règlement de l'intérêt
dans les Réflexions
critiques
Carole Talon-Hugon
Université de Nice
Passions de l’âme et émotions
artistiques :
enjeux éthiques et esthétiques des Réflexions critiques
Samedi 12
juin 2010
Centre Michelet – Paris VIe
Salle 101
10h-12h30
Alain Petit
Université Blaise Pascal,
Clermont-Ferrand
L’immédiateté du sens. Du Bos
et Quintilien
Élisabeth Lavezzi
Université de Rennes 2 - CELAM
Les Réflexions
de Du Bos : des tableaux du XVIIe à ceux du
XVIIIe siècle
Daniel Dauvois
Lycée Lakanal, Sceaux,
Hauts-de-Seine & CNRS - UPR 76 - THETA
Du Bos et la poésie de la peinture
(livre I, section 31)
14h30-18h30
Daniel Dumouchel
Université de Montréal,
Canada
Les fonctions du sentiment. À propos
de la cohérence de la théorie du goût
dans les Réflexions
critiques sur la poésie et sur la peinture
Jennifer Tsien
Université de Virginie,
États-Unis
« L’Œil plus
voluptueux » : le corps humain dans
l’esthétique de l'abbé Du Bos
Florence Malhomme
Université Paris IV
Musique, poétique et rhétorique
dans les Réflexions
critiques de Jean-Baptiste Du Bos
André Charrak
Université Paris I
Remarques sur la troisième partie des
Réflexions critiques
On cite
toujours les quelques lignes de louange que Voltaire
consacre à Du Bos et aux Réflexions
critiques, ce
«livre le plus utile qu’on ait jamais
écrit sur ces matières chez aucune des
nations de l’Europe». Voltaire trouve Du Bos
profond, nouveau, érudit mais aussi peu
méthodique. Ce jugement d’estime quelque peu
atténué se répète en
gros chez ceux qui vont rencontrer Du Bos et
appréhender l’œuvre des Réflexions : un texte sans ordre ni plan,
avec des incohérences et des manques, mais
aussi des aperçus brillants et des intuitions
qui tirent à conséquences – une
belle entrée dans l’esthétique du
XVIIIe siècle. On comprend alors
mal la désaffection dont l’auteur et son
texte font l’objet, mesurable par les
rééditions et la littérature
secondaire : sept éditions des Réflexions entre 1719 et 1770 (si l’on inclut
l’édition d’Utrecht, 1732-1736), et puis plus
rien jusqu’à 1993 et l’édition de D.
Désirat, de l’ENSB-A, à laquelle il
faut ajouter la petite thèse de Paul
Péteut, Berne, 1904, les études de Du
Bos proposées dans les sommes bien connues de
V. Basch, A. Becq ou B. Saint Girons, et,
récemment, le collectif Parallèle
des Anciens et des Modernes, P. de l’U. Laval, Canada, 2006, avec
des articles de D. Dumouchel et de C. Dubeau sur Du
Bos ; mentionnons aussi la numérisation
du texte que nous devons au CNRS (Institut National
de la Langue Française, 1997, cote BNF
NUMM-88225). Quant à cette littérature
critique, mise à part la biographie d’Alfred
Lombard, en 1913, Du Bos n’y est aperçu
qu’entre autres et au fil de l’histoire des
doctrines esthétiques. On le dit
intéressant, peu s’y intéressent et
encore est-ce en passant. Quelques articles
n’empêchent pas qu’il fasse l’objet d’un oubli
régulier et constant.
On voudrait relancer
l’intérêt pour Du Bos et tenter de le
stimuler plus durablement. Les Réflexions
critiques sont un
grand livre qui demande d’être reconnu pour ce que
le XVIIIe siècle l’a reçu, et
travaillé comme l’avènement du discours
proprement esthétique sur les arts, sans
exclusive toutefois à l’égard des
aperçus et des principes poiétiques. La
détermination d’un regain d’intérêt
pour ce texte – et nous laissons donc
délibérément de côté
l’œuvre historique et diplomatique de Du Bos – implique
que soient représentés des
intérêts historiques (les Réflexions contribuent à amender et à
modifier les principes du discours sur les arts), et des
intérêts proprement conceptuels
(théorie du génie, du sentiment
esthétique, du commerce interne et de la
pluralité des arts, etc.), cette distinction
n’étant bien sûr à entendre qu’au
bénéfice de la clarté d’exposition.
On devra
distinguer alors et tout d’abord des lignes d’analyse
historique liées aux sources de Du Bos,
littéraires comme philosophiques : Quintilien,
Cicéron et Horace, ou encore Aristote, Du Bos engageant
dès l’origine un dialogue nourri avec la Poétique. Les Modernes sont aussi à
considérer, car Du Bos cite Félibien ou Junius
et il faudrait certainement tenter d’estimer le rapport de son
œuvre au Cours de peinture par principes de R. de Piles, de 1708, comme aux textes
voués au théâtre du demi-siècle
antérieur. Et il convient de prendre aussi la mesure
des apports plus proprement philosophiques, lesquels tournent
moins à l’éclectisme bien tempéré
qu’ils ne témoignent d’un usage proprement
esthétique des apports philosophiques, lesquels
concernent Pascal, Malebranche, Locke, Addison, de
façon très évidente et non exhaustive. En
outre, point qu’Alfred Lombard avait commencé de
soulever (La Querelle des Anciens et des Modernes :
l’abbé Du Bos, 1908), le texte
de Du Bos doit pouvoir s’éclairer depuis son constant
rapport aux points de frictions des Anciens et des Modernes
(Du Bos succède à Dacier au secrétariat
perpétuel de l’Académie, en 1722).
L’incidence de
notre ouvrage dans sa postérité ne doit pas
moins nous alerter : elle peut s’entendre selon un point
de vue national (Du Bos et l’Angleterre, Du Bos et
l’Allemagne, Du Bos étant aussi bien lu de Hume que de
Lessing ou de Sulzer ; traductions respectives en anglais
et allemand : Londres, 1748 et Copenhague, 1760), plus
spécifique (Du Bos et Diderot ou l’Encyclopédie), ou plus général, dans son
apport pour les Lumières. Au milieu du XVIIIe
siècle, tous ont lu les Réflexions, de sorte que l’on peut interroger ce qu’elles
auront déterminé chez un Batteux ou même
chez un Kant. On pourra aussi bien tenter de concevoir ce qui,
à partir du dernier quart de ce siècle, fait
assez radicalement passer le goût antérieurement
très prononcé pour cet ouvrage.
D’un point de
vue plus conceptuel, les trois diverses parties de l’ouvrage
déterminent des formes de recherche
thématiquement assez distinctes. Elles s’affectent
plutôt à la nature et fonction des arts, ainsi
qu’à leur commerce, durant la première
partie : théorie du plaisir et de l’occupation de
l’âme, liaison du dramatique et du pictural, doctrine de
l’imitation ou de la vraisemblance, manière
d’apprécier Corneille ou Racine, rapport particulier
aux catégories canoniques de l’invention, disposition,
etc., ordre intentionnel possible d’apparition des sections
qui enlacent le pictural aux divers aspects du
poétique. Tous ces éléments
d’investigation relèvent désormais chez Du Bos
d’un type de discours qui ne doit ses prémisses ni ses
règles aux professionnels des arts
considérés. Du Bos n’est ni peintre, ni
dramaturge, ni même curieux et collectionneur, et l’art
sous sa plume devient un nouvel objet pour un savoir qui ne
s’autorise plus des ouvriers de l’art ni de leurs pratiques.
La seconde
partie offre une théorie du génie dans les arts,
fortement coordonnée à des considérations
climatiques et historiques, puis une doctrine du sentiment
esthétique – même si l’adjectif n’y est point
à la lettre – et des formes de jugement à
l’égard des œuvres, qui se particularisent enfin du
côté des œuvres des Anciens. Tous ces points
peuvent bien entendu être abordés à partir
des considérations plutôt historiques
soulevées plus haut. La doctrine du sentiment passe
d’une façon peut-être hâtive pour
passablement peu cohérente, chez les quelques
commentateurs (A. Lombard, A. Becq, B. Saint Girons) de la
section 22 ; elle mérite certainement d’être
éprouvée à nouveaux frais, tout comme la
portée mesurable des sections consacrées
à la notion de génie.
La
troisième partie, apparue avec la seconde
édition de 1733, prolonge la réflexion sur les
Anciens, mais sous un angle principalement musical, ce qui
conduit également à des sections vouées
à la danse ainsi qu’aux conditions historiques des
représentations antiques, et jusqu’à comparer
ces productions avec l’art musical du siècle de Louis
XIV. On pourra d’ailleurs se demander si l’opération de
regroupement de la musique, de la danse et de la
déclamation théâtrale n’anticipe pas sur
la distinction des arts du temps d’avec les arts de l’espace,
et derechef le rapport à Lessing.
Ces quelques
indications visent moins à orienter prescriptivement
les lignes de recherche qu’à souligner
l’intérêt foisonnant des Réflexions
critiques, dont on ne
désespère point de montrer en outre qu’elles
sont moins désordonnées qu’il n’y peut
paraître, et en tout cas bien plus cohérentes
qu’elles n’ont semblé jusqu’ici.
